jeudi 15 avril 2010

Faire front pour ouvrir l’espoir à gauche

Déclaration unitaire rendue publique le 9 avril 2010. Une version au titre modifié est également parue dans le journal Politis ce même jour.
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Les élections régionales marquent l’ouverture d’une crise politique et démocratique profonde. La désaffection sans précédent des citoyen-ne-s souligne la nécessité d’une révolution démocratique, de nouvelles formes politiques, d’un dépassement de l’actuelle crise du rapport représenté-e-s – représentant-e-s.
Dans le même temps, le verdict de ce scrutin est sans appel : c’est une claque pour la politique du gouvernement et de Sarkozy. Avec 36 %, le score le plus bas pour la droite sous la 5° République, le Sarko-populisme a perdu de sa superbe et de sa légitimité. Sa politique antisociale brutale, ses discours démagogiques, alors que les difficultés de la vie quotidienne se sont fortement aggravées depuis la crise financière, nourrissent le dégoût et l’abstention massive, et renforcent le vote pour le Front National.
Le pouvoir perd en légitimité au moment où il s’apprête à appliquer, comme dans le reste de l’Europe, les recettes d’austérité visant à faire payer la crise aux plus défavorisés. Les combats sociaux, politiques et citoyens sont donc devant nous.
La gauche de transformation sociale devra non seulement soutenir et renforcer les luttes en cours, mais construire également avec le plus large éventail de forces sociales et politiques possibles, les réponses à la hauteur des changements nécessaires pour faire face à la crise économique, sociale, environnementale et démocratique.
Mais pour éviter les désillusions du passé, les renoncements aux conséquences terribles pour le mouvement ouvrier, cette nouvelle gauche doit devenir une force et une alternative incontournable.
Elle doit convaincre que pour sortir de la crise, il est possible de tracer une autre voie que celle suivie aujourd’hui par des gouvernements de gauche en Grèce, au Portugal, en Espagne, enfermés dans les dogmes du libéralisme économique et des traités européens. Elle doit convaincre que l’impératif écologique, essentiel à tout projet d’émancipation, commande d’assumer les ruptures avec l’ordre libéral, ne peut ignorer la crise capitaliste et suppose de réfuter les illusions du capitalisme vert. [...]

mercredi 7 avril 2010

Le NPA doit changer au plus vite son orientation politique

Contribution sur le bilan des élections régionales soumise au débat du CPN du NPA des 27 et 28 mars 2010 par les membres du courant « Convergences et alternative » : Anthony S. (CPN NPA Chalon), Danièle O. (CE NPA Aubervilliers), France C. (CPN NPA Paris 19e), Mael G. (CPN NPA Paris 10e), Olivier M. (CPN NPA Clermont-Ferrand/Bobigny), Stéphanie T. (CPN NPA Créteil), Yann C. (CE NPA Clamart), Yannick H. (CPN NPA Paris 20e)

1) Une crise politique est ouverte
Le verdict des Régionales est sans appel : la politique de la droite au pouvoir a pris une claque historique, descendant à 36%, son score le plus bas sous la 5e République. Les discours démagogiques du « travailler plus pour gagner plus » ou sur l’ « insécurité » ne fonctionnent plus. Avec la réalité de la crise économique, ils n’arrivent plus à cacher la politique antisociale du gouvernement tournée vers la préservation des intérêts des banques et des actionnaires, tandis que pour les autres, c’est plus de chômage, moins de revenus, une remise en cause des acquis sociaux, des services publics, des droits démocratiques. Les manipulations aux relents racistes des thèmes de l’insécurité ou l’ « identité nationale » aboutissent à renforcer le FN. C’est cette politique qui provoque un dégoût et une abstention massive, jusqu’à démobiliser même l’électorat de droite ou le renvoyer vers Le Pen. L’ampleur de cette abstention témoigne plus fondamentalement d’une perte de repères et d’une désaffection profonde vis-à-vis de l’action politique, notamment dans les couches populaires.
Une crise politique est désormais ouverte, se conjuguant avec une crise démocratique. Avec la victoire de la gauche, le retour d’un vote FN indépendant et l’échec de sa « politique d’ouverture », le pouvoir perd sa légitimité au moment où il s’apprête à appliquer une politique d’austérité renforcée. La prétendue « pause » annoncée par Sarkozy ne masquera pas longtemps sa volonté de mettre en place, dès maintenant, une austérité renforcée contre les régimes de retraite, la fonction publique, la protection sociale, les salaires et l’emploi. Ce qui se passe en Grèce, en Islande, en Espagne ou au Portugal, présage de ce que la droite a l’intention de faire en France. La « pause » consiste en fait à laisser le Parlement « délégiférer » pendant un an, c’est-à-dire détricoter le code du travail, de la santé, toutes les législations qui ont été arrachées par de multiples combats sociaux et démocratiques et sont encore un minimum de protection. Il faut donc l’empêcher de nuire, avant même 2012. Les échéances de mobilisations sociales (sur les retraites, l’éducation, la régularisation des Sans-papiers, la culture, etc.) sont autant de moment qui doivent participer à amplifier la défaite électorale et la crise du pouvoir, et redonner confiance aux secteurs militant-e-s et à remobiliser de larges pans de la mobilisation pour résister aux attaques et organiser la riposte. [...]