lundi 15 mars 2010

Battre la droite le 21 mars, avancer vers un front permanent de toute l'autre gauche

Déclaration de «Convergences et Alternative», courant unitaire du NPA

Le verdict du premier tour des régionales 2010 est sans appel: c'est une vraie claque, un désaveu de la droite et du gouvernement de Sarkozy. Le mythe du "travailler plus pour gagner plus" ne fonctionne plus, et la manipulation du thème de l'identité nationale aboutit à relancer le Front national. Ces discours démagogiques, cachant des politiques antisociales, provoquent une abstention massive et ouvrent une crise politique qui va rebondir sur le terrain social. Qu’une minorité décide pour une majorité devienne l’habitude électorale démontre un échec du système de représentation politique.
Car la prétendue « pause » annoncée par Sarkozy ne masquera pas longtemps sa volonté de mettre en place, dès maintenant, une austérité renforcée contre les régimes de retraite, la fonction publique, la protection sociale, les salaires et l’emploi. Sarkozy cherchera à faire payer la crise économique aux salariés et à la population, et surtout pas aux banques et aux actionnaires qui en sont responsables. Ce qui se passe en Grèce, Islande, Espagne, Portugal, présage de ce que la droite a l'intention de faire en France.

Il faut enfoncer le clou en battant la droite et le FN au second tour le 21 mars

Toute la gauche doit s’unir pour infliger une défaite cuisante au gouvernement. Plus il sera en difficulté, moins seront légitimes ses attaques antisociales, meilleur sera le rapport de force pour les salariés dans les combats qui s’annoncent. Pas une seule région ne doit passer aux mains de la droite pour servir de relais à la politique du gouvernement. Et l'unité doit se faire à gauche, pas avec un parti de droite comme le Modem.
Les listes de gauche recueillent, à ce premier tour, plus de 50% des voix. Beaucoup se sont servis du vote PS pour sanctionner cette droite insupportable, sans pour autant adhérer à la politique du Parti socialiste. Le score important des listes Europe Ecologie, malgré l'impasse qu'elles font sur la nécessaire rupture avec le libéralisme pour forger une alternative écologique, souligne que la lutte contre les dangers menaçants notre environnement est devenue une préoccupation majeure. Mais tout projet de transformation sociale et écologique doit intégrer la rupture avec les modes de production et de consommation engendrés par la logique du profit.

Faire bloc pour une autre gauche rassemblée
Les résultats soulignent encore la nécessité d’accentuer l'unité sociale et politique de l'autre gauche, cruciale si l’on veut construire des résistances à la droite et fournir une alternative à la politique du Parti socialiste. L'absence d'union complète entre toutes les composantes de la gauche de transformation sociale a affaibli ses résultats. Mais ils montrent clairement que cette volonté d'unité est dominante en son sein ; les écarts entre des listes « Ensemble/Front de gauche », ou les listes d’unité plus partielle, et celles du NPA isolé sont sans appel : les électeurs ont préféré choisir les listes qui indiquent le début d’un rassemblement, à la posture du NPA, qui a été désavoué. Cet échec exige du NPA qu’il se tourne vers une autre politique, qu’il rediscute du projet même du NPA, qui ne peut prétendre représenter à lui seul l’alternative dont les salariés ont besoin et se dérober aux exigences de l’union. Un congrès rapproché du NPA s'impose.
Là où l’unité a été complète, du Front de gauche au NPA, là où des rassemblements unitaires ont vu le jour, des dynamiques se sont créées dans les urnes mais aussi sur le terrain de l’action collective. Elles montrent la voie à suivre: un front politique et social permanent, capable de fournir une alternative politique à gauche et d’aborder ensemble les prochaines échéances sociales et électorales. Capable aussi de construire collectivement une autre représentation politique. C’est à cette urgence et à cette nécessité unitaire que le NPA doit répondre dès maintenant: un bloc de l’autre gauche, large, ouvert à toutes les composantes, aux représentants et acteurs du mouvement social, s’appuyant sur des collectifs unitaires locaux. Cette fois, personne ne doit manquer: les militants de toutes les forces, et notamment du NPA, doivent engager ensemble les initiatives allant dans ce sens.

Le 14 mars, « Convergences et Alternative »

mardi 9 mars 2010

Régionales 2010 : le test pour la gauche de gauche

Le Sarkozysme est en difficulté et c’est bon à prendre. Ses interventions aux mille promesses ne font plus beaucoup illusion. Les annonces de fin de crise laissent d’autant plus sceptique que le chômage ne cesse de croître et que la misère gagne des couches de plus en plus importantes de la population. Le rejet de cette politique outrageusement de classe est de plus en plus perceptible ; il s’appuie sur la compréhension que le pouvoir voudra faire payer la crise aux secteurs populaires, et surtout pas à ceux qui en sont responsables. Les décideurs de tous poils perdent de leur légitimité, les patrons les premiers, et cela se traduit par des formes de résistance sociale radicales et par la recherche d’alternatives dans l’action.

Dans de nombreux secteurs du salariat et de la population, des questions essentielles sont toujours présentes : qui doit payer cette crise et comment y faire face ? quelles mesures prendre pour éviter les catastrophes économiques ? comment contrôler l’économie, les banques, le crédit et les décideurs économiques ? quel changement promouvoir et espérer ? Autant de questions qui devraient permettre à la gauche anticapitaliste, prise au sens large, d’apporter explications et propositions. Encore faut-il qu'elle le fasse de manière cohérente et unie pour espérer être audible.

Dans un tel contexte, les élections régionales représentent une opportunité pour exprimer ce rejet. L’enjeu étant évidemment de lui donner du contenu et du sens politique. La droite a bien compris tout cela et, voyant qu’elle peut subir un échec cuisant, tente de vider de toute substance ce moment de débat politique en pratiquant toutes les formes de diversion possibles. Mais, même battue, il n’y a pas d’illusion à avoir : elle veut mettre en place un plan d’austérité après ces élections. Elle saura s’appuyer sur les sacrifices imposés aux Grecs aujourd’hui, aux Espagnols demain, pour tenter de faire passer les mêmes politiques antisociales.

L’unité sociale et politique de la gauche de gauche reste donc toujours aussi cruciale et est bien perçue comme telle par tous celles et ceux qui veulent construire la riposte à ces politiques. Et tout laisse à penser aujourd’hui que cette volonté unitaire sera largement majoritaire dans l’autre gauche. Ce message, nous souhaitons ardemment qu’il soit entendu par le NPA qui, dans de trop nombreuses régions, a choisi une politique d’isolement. Une orientation a été expérimentée ; si elle s’avère être un échec, alors une autre politique, répondant à la nécessité de créer un front politique et social permanent deviendra impérieuse.

L’unité de l’autre gauche n’a certes pas été assez loin. Des sectarismes, des comportements d’appareil ont trop souvent été un frein, mais là où l’unité est présente et en particulier là où elle a été complète, du Front de gauche au NPA, des dynamiques évidentes se sont créées, montrant indéniablement la voie à suivre. Un bloc de gauche large, ouvert à toute la gauche de gauche, ouvert aux représentants et acteurs du mouvement social, s’appuyant sur des collectifs locaux dynamiques, est indispensable pour préparer toutes les échéances à venir. Toutes les initiatives allant dans ce sens seront bonnes à prendre. Nous ne manquerons pas d’y apporter notre contribution.

Yann Cochin